|
18/03/2008 12:16 Message de bienvenue (0 commentaire) |
|
Hello ! Voilà je me suis lancée à faire un blog - histoire de vous raconter ma petite vie en Ecosse. Bon j'ai pas mal de difficultés, en plus j'ai pas internet à la maison, donc les mises à jour ne seront pas très régulières. Mais au moins j'en aurais fait un petit peu... Bonne lecture à tous, Bisous Cloclo les pieds dans l'eau... |
|
18/03/2008 14:25 Claire et Clo font le tour de l'Ecosse... (0 commentaire) |
|
Claire et Clo font le tour de l’Ecosse … Péripéties d’une road trip aventure …
Samedi 1 Mars 2008
Claire est arrivée à 23h à l’aéroport de Prestwick, pile à l’heure pour aller faire la fête ! Direction Sauchiehall Street, la rue la plus festive de Glasgow, où les restaurants, pubs, boîtes de nuit et arrêts de taxis sont les plus nombreux. Ah oui, car ici pas question de prendre sa voiture pour sortir : on partage un taxi, et tout le monde peut boire sans se poser de question. Le mythe se révèle vrai, les Ecossais sont de vrais buveurs, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, la fête ne s’envisage pas sans alcool. D’ailleurs, c’est assez déstabilisant de voir les femmes avoir plusieurs verres pleins (et vides…) sur leur table. Il n’y a pas de pause, on boit à la chaîne ici. Dans les pubs, le choix entre bières et whiskys est large, il faut s’y connaître ! Par contre, boire du vin ne s’envisage pas de la même manière ici qu’en France. Surtout les jeunes, ils achètent beaucoup de vin, mais du très pas cher, juste pour être pompette. En France, je n’ai jamais vraiment rencontré de personnes achetant du vin dans cette optique, souvent c’est pour accompagner un bon repas.
On gare la voiture, et nous voilà plongées dans l’ambiance glaswegienne, lumières flashy, pubs pleins à craquer, rue pleines de monde. Premier choc pour Claire : le style vestimentaire des Ecossaises particulièrement…dénudé ! Il faut le dire, ici, les filles n’attendent pas le soleil et la chaleur pour se mettre en petite jupe et sandales, sinon elles pourraient attendre longtemps. Donc, contre vents et pluies diluviennes, elles bravent la froideur des nuits habillées de mini-jupes fabriquées maison (souvent à partir d’un jean découpé), décolletés et talons hauts, ou en ce moment c’est la mode des minis-shorts avec bottes, les plus frileuses ont des collants opaques, noirs ou de couleur, selon l’humeur. J’avoue que je finis par bien aimer ce style, elles n’ont pas froid aux yeux, elles mélangent les couleurs sans retenue, elles superposent les vêtements et multiplient les accessoires, serre-têtes, ceintures, colliers, et bagues, c’est très kitsch, c’est rigolo. Elles passent des heures à se préparer, maquillage oblige, c’est quand même la séance de lissage de cheveux qui est la plus importante. Je sais que je pousse un peu à la généralisation, mais c’est vrai que les Ecossaises ont souvent les cheveux très lisses, particulièrement pour sortir.
Nous voilà donc en route vers Le Garage, une boîte très connue, à deux ambiances : au premier étage, musique très ado-girly (en référence à Smash Hits radio qui fonctionne à tue-tête pour mettre de l’ambiance dans notre cuisine à la maison), mais au moins c’est rigolo de danser et le sous-sol du genre R’n’B. La boîte est fréquentée par une population plutôt très jeune, malgré les contrôles de cartes d’identité systématiques aux entrées. Difficile d’y échapper, sauf si vous êtes une « french student on holiday who doesn’t understand anything ». Une fois on est allés danser avec Jess et Robb, et bien sûr j’avais oublié ma carte d’identité. Du coup, j’ai fait comme si je ne comprenais rien, tandis que Robb expliquait au videur que j’étais Française et que j’avais des problèmes avec les coutumes écossaises. Notamment au niveau de la nourriture, j’ « étais très difficile et la moindre des choses c’était de me laisser rentrer pour que je boive »… Bref, ça a marché, tant mieux !
On peut pas la rater en tout cas...
A 3h, les boîtes ferment, la solution pour prolonger la soirée, c’est donc d’aller manger. J’avoue que je n’ai jamais faim, surtout que la tradition veut que l’on partage le « Chips and Cheese », mais ça c’est vraiment pas possible pour moi. La seule fois où j’ai mangé après être allée danser, c’était une crêpe nutella… Mais Claire a décidé de vivre l’expérience écossaise à fond et s’est très vite intégrée au mode de vie, comme nous le verrons à plusieurs reprises au cours de ce récit. Nous avons donc fini cette super première soirée dans la voiture, sur Great Western Road, en face du « 727 », en mangeant des frites dans leur boîte en plastique blanc – pas de fromage dessus, c’était trop pour une première fois ! En rentrant, discuter autour d’un thé est une étape essentielle avant d’aller se coucher. La douche et le démaquillage aussi pour nous petites Françaises…
Dimanche 2 Mars 2008
La découverte de l’Ecosse a débuté par une visite de Glasgow avec Kim et Jess (mes deux supers colocataires) à bord du « Glasgow Bus Tour », le bus tout coloré, rouge et jaune principalement, avec un étage.
On embarque à Georges Square et c’est parti vers la Cathédrale de Glagow, le Glasgow Green – le plus grand parc de Glasgow, très plat, il n’y a pas beaucoup d’arbres ou de plantes, mais c’est peut-etre parce que c’est l’hiver.
Bien sûr, on s’est arrêtées au Barras, le marché semi-couvert typiquement écossais. C’est un marché au sud-est de Glasgow, dans un quartier plutôt pauvre et sale, la fin de l’ère industrielle ne s’est pas faite facilement.
On y trouve toutes sortes d’antiquités, Jess et Kim raffolent des petites tasses et leurs soucoupes à fleurs et dorures, très Bristish… On peut également trouver des vêtements en vrac, des CDs et DVDs, des bonbons, des livres de seconde main, surtout les histoires d’amour à l’eau de rose – très recherchés par Jess notamment ! Mais le plus important c’est quand même d’acheter des « Dough Nuts » , les beignets au sucre, au camion – très facile à repérer grâce à l’odeur de friture, avant de repartir. Encore une habitude que Claire a vraiment apprécié ! Mmmm…
Et c’est reparti pour la balade, cette fois les commentaires étaient faits par un guide en anglais. Les étapes importantes : St Andrews Square, St Vincent place avec la Lighthouse, batiment très connu car imaginé par MacKintosh, très célèbre architecte qui est à l’origine du style de l’architecture de Glasgow. Puis la Cité des Sciences et son cinéma en 3D, l’Université de Glasgow et The MacKintosh House, Byres Road (juste à coté de chez moi…), Kelvingrove Art Gallery&Museum (il faut vraiment que j’aille le visiter…) et Kelvingrove park, un jardin vraiment agréable quand il fait beau.
Vers 15h, il était quand même temps de déjeuner. Ici, le rythme des repas est vraiment différent de celui que l’on connait en France. Souvent les Ecossais mangent leur petit déjeuner vers 9h ou 10 h, souvent c’est assez gras, genre sandwich avec des saucisses ou œufs brouillés avec du bacon. Le traditionnel est avec des haricots blancs, mais je n’ai pour l’instant vu personne en manger aussi tôt dans la journée, même si la cantine à mon travail en propose tous les matins. Sinon, ce que j’essaierai bien c’est du porridge, mais dans sa version sucrée. Il s’agit de céréales de blé et d’avoine, cuites dans du lait. (Je n’en sais pas vraiment plus pour l’instant…). Un matin, avec Claire, on a quand même assisté au plus horrible petit dej’ qu’on aurait pu imaginer : un couple a commencé par des toasts et du porridge avec du café, et a ensuite commandé l’un des saucisses et des beans (haricots blancs dans de la sauce tomate) et l’autre du poisson frit avec de la crème fraîche par-dessus, le tout accompagné de thé…Nous on était au thé, Special K et bananes ! Ensuite, le déjeuner dépend de l’heure à laquelle on a faim et à laquelle on est disponible pour manger. C’est pour cela que très souvent les Ecossais prennent leur déjeuner/dîner vers 17h ou 18h (et sans doute pourquoi ils mangent après à 3h du mat’…). Pour nous, ce sera des Nachos et un Fish and Chips assises au Monkey Bar, un bar plutôt fashion, à l’atmosphère plutôt froide quand même – mobilier carré plutôt noir et lumières rouges et bleues.
On a fini la journée dans les rues de Glasgow, notamment Buchanan Street, rue piétonne très large, aux milles magasins et très pratique pour prendre le métro et rentrer à la maison.
Quand on est rentrées à la maison, après un petit tour à l’Université et dans Ashton lane, une petite rue pavée très à la mode, pleine de restos et bars, très agréable la nuit car elle est recouverte de guirlandes lumineuses qui lui donnent un coté féérique, on a eu une très bonne surprise. Jess et Kim nous avaient prévu une super soirée. Au programme, un repas typiquement écossais : haggis et mashed potatoes (sorte de purée de pommes de terre très épaisse avec des oignons nouveaux) et shortbreads maison comme dessert (ça ressemble un peu à nos palets bretons…). Le tout accompagné de Irn Bru, la boisson orange nationale. Je me demande vraiment ce qu’il y a dans cette boisson. La première (et le seule !) fois où j’en ai bu, il y avait une boule de glacequi flottait au milieu. Vous me croirez ou pas, mais à l’instant où j’ai glissé ma cuillère dans la glace, la glace s’est mise à fumer et le liquide orange à bouillonner, et en gros, la moitié de ma boisson a débordé du verre et s’est répandue sur la table ! C’était rentable comme commande , tiens ! L’atmosphère de ce dimanche soir était plus que kitsch : musique écossaise (Jess avait acheté le CD le matin même au Barras), petite nappe avec les dessins des lieux à visiter dans Glasgow, dessous de verres avec le drapeau de l’Ecosse, et petits stylos avec des Ecossais en kilts et bagpipes (cormnemuse)…
Et la soirée a continué en dansant ! Kim et Jess nous ont appris à danser plusieurs ceilidhs, danses écossaises où normalement les hommes portent le kilt. C’est difficile à expliquer, mais en gros nous avons dansé - le Military Two Steps, qui débute avec en frappant le talon en avant puis la pointe du pied en arrière, on avance, on recule et on tourne avec notre partenaire. - Le Gay Gordons, avec les mains des partenaires en hauteur, et où on avance parfois à l’envers… - La Canadian Barn Dance, travail en sauts, relevés de genou, clappements de mains et tours. On se rentre facilement dedans, où si vous habitez comme nous sous les toits on se cogne la tête au plafond…Mais on rigole beaucoup et c’est le principal !
Lundi 3 Mars
Après une nuit plutôt courte, on s’est réveillées avec la neige ! Et pas qu’un peu, il tombait des gros flocons, c’est la première fois que je voyais ça ici. Kim nous annonce que certaines routes sont bloquées et qu’il vaudrait mieux ne pas partir. Alors là, pas question, depuis le temps que je suis ici, j’ai compris que le temps change en cinq minutes, et qu’on peut voir les quatre saisons en une seule journée. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé aujourd’hui.
On est parties vers 10h, sous la neige, plutôt bien chargées. Le plus important : nos duvets et ma couette car ce sont des nuits dans la voiture qui nous attendent ! Oui oui oui, mesdames et messieurs, on est des vraies aventurières nous, pas peur d’abimer notre vernis sur les ongles… Le problème qui est apparu est que je me suis rendue compte au dernier moment que je n’avais pas de réchaud, donc les repas se limiteront à des sandwichs au jambon, et des petits gâteaux et c’est tout. Pour le petit-dej’ c’est plus embêtant, un petit thé pour commencer la journée après une nuit dans la voiture, ça aurait été parfait… Enfin, on a quand même des Special K, des pommes et des bananes.
Notre première étape a été Luss, un petit village le long de la côte ouest du Loch Lomond. C’est le plus grand lac d’Ecosse, il est magnifique. Et juste au moment où on est sorties de la voiture, la neige s’est arrêtée de tomber, et le soleil est apparu… Du coup, Luss a eu un charme particulier, avec sa petite chapelle et sa rivière coulant en son milieu. La vue sur le Loch Lomond à partir du ponton est superbe.
Puis nous avons continué notre route vers le Nord, avec un arrêt à Tarbet : merveilleux déjeuner-sandwich en face du lac, sous le soleil. Et pour le dessert, nous avons partagé un Sticky Toffee Pudding (littéralement : un gâteau moelleux au caramel qui colle aux dents !) au Drover’s Inn, un authentique pub écossais : têtes d’animaux empaillées sur les murs, il y a même un ours dans l’entrée, un feu dans la cheminée pour rajouter de la chaleur, beaucoup de poussière, mais surtout des serveurs en kilts…
La route vers Glen Coe est magnifique, nous avons longé de nombreux lochs lumineux grâce aux reflets du soleil, et les montagnes étaient d’une blancheur éclatante. Nous avons vu de nombreux cerfs sur la route, ils ne sont pas vraiment peureux. Nous avons faits un petit détour vers le Loch Etive que nous n’avons malheureusement pas pu voir. Cela dit, la route était elle aussi superbe, un petit chemin avec de nombreuses petites cascades et cerfs en liberté. En plus Claire a eu sa petite expérience de conduite à gauche, enfin, si l’on peut dire, vu que la route était à une voie seulement…
Ballachulish était notre dernière étape pour la journée. On voulait aller dans une auberge de jeunesse supposée être dans Glen Coe village mais nous n’avons jamais réussi à la trouver. Et pourtant on a essayé, on a tourné dans Ballachulish et Glen Coe, on est même allées dans un village plus loin, impossible de trouver cette auberge. Donc on n’a pas réfléchi plus longtemps et on est retournées sur notre parking, en face de l’office de tourisme de Ballachulish. D’ailleurs pour ceux qui recherchent des emplacements où dormir pendant leur voyage, nous conseillons les parkings d’office de tourisme, calmes et très pratiques vu qu’il y a toujours des toilettes à coté. La nuit s’annonçait vraiment froide, heureusement qu’on avait prévu la couette en plus de nos duvets. Mais on peut dire qu’on a plutôt bien dormi, avec les sièges baissés au maximum et en dormant un peu recroquevillées sur le côté ça allait.
Par contre au matin, on avait vraiment froid à la tête et aux pieds et le déshabillage/rhabillage a été assez dur. D’ailleurs, je n’ai pas renouvelé l’expérience lors des autres nuits, j’ai dormi habillée, prête à repartir direct ! Vive la crade attitude ! Quand même, on s’est payé un thé à l’office du tourisme et on a mangé nos céréales dans la soucoupe, c’était un bon départ à la journée.
Nous avons commencé par une petite balade d’une heure environ proche de la carrière d’ardoise, qui nous a permis de surplomber le Loch Leven. Nous avons traversé une forêt et nous avons rejoint un petit chemin menant au village.
Motivées par le superbe soleil, nous sommes allées un tout petit peu plus loin, et fait la balade autour du Gleann Chaolais. Nous voulions garer la voiture le plus haut possible, mais nous avons dû nous arrêter devant des énormes camions – apparemment la balade était interdite pour cause de coupe des arbres, mais nous n’avons jamais vu de panneaux… Oups ! Sur le retour, j’étais un peu inquiète, j’avais peur que les tracteurs aient envoyé la voiture dans le fossé si je les avais gênés… Nous avons marché dans la neige tout en admirant le lac et les montagnes. La pause déjeuner a été des plus agréables, bronzette et air frais, Claire a même sorti ses lunettes de soleil – j’avoue que je n’espérais pas un temps pareil et je n’avais pas emmené les miennes… Nos sandwichs au jambon et les gâteaux étaient au rendez-vous bien entendu.
Après cette balade de deux/trois heures, nous avons repris la route vers Fort William et nous avons pu profiter du coucher de soleil sur Eilean Donan Castle, près du village de Dornie. C’est un château du XIII siècle auquel on accède par un petit pont en pierres, sur les bords du Loch Alsh. Le site était vraiment très beau, on a escaladé les remparts, le lac était des plus reposants… Pour l’anecdote, c’est là où a été tourné Highlander avec Christophe Lambert.
Nous avons décidé de poursuivre jusqu’à l’île de Skye et de dormir à Portree. Nous avons profité des derniers rayons de soleil se couchant derrière les montagnes, dans les tons bleus et roses, c’était magnifique. Portree est un village assez mignon, il y a un petit port dont les quais sont bordés par des maisons aux façades bleue, rose, et violette. Le centre du village se reconnaît à sa petite place carrée. Nous avons d’ailleurs décidé qu’il était temps de mettre un terme à nos soirées sandwichs, et nous avons donc dîné dans un pub, the Isles, sur cette place carrée. Au menu, des haggis (cette fois-ci pas des végétariens…) avec sa purée de pommes de terre douces pour Claire et une Cullen Skink pour moi, c’est une soupe de poisson avec des pommes de terre, des oignons et de la crème fraîche.
Pour rester dans l’ambiance, et surtout parce qu’on était vraiment bien au chaud, on s’est installées du côté bar, et nous avons siroté un Bailey’s pour accompagner nos cookies. En plus, l’ambiance était idéale : il y avait un match de foot avec l’équipe des Celtics – l’équipe verte et blanche de Glasgow composée essentiellement de catholiques, et ennemie jurée des Rangers – protestants. Le pub était plein, surtout d’hommes d’ailleurs. Hélas, nous n’avons pas vraiment eu de coup de foudre pour un bel Ecossais. Quoiqu’il y a quand même un très vieux marin aux cheveux longs et sales, à la barbe grise peu entretenue on va dire, au ventre plus que bombé, et aux joues rouges par le froid, mais plus sûrement par l’alcool, je pense qu’il devait lui manquer des dents en plus, cet Ecossais, donc, nous a prises par surprise à travers la fenêtre du bar, il est apparu brusquement derrière la fenêtre et s’est planté là, tout sourire avec sa pipe aux lèvres et a eu sur nous un effet immédiat d’hilarité impossible à surmonter. On a ri comme des baleines, et plus on se sentait gênées et on se disait qu’il fallait s’arrêter, et plus on rigolait. Finalement, on s’est décidées à rejoindre notre voiture-hôtel installée dans notre parking préféré, en face de l’office du tourisme.
|
|
27/03/2008 20:17 Claire et Clo font le tour de l'Ecosse - suite du road trip (0 commentaire) |
|
Il faut quand même vous expliquer que ça demande de l’énergie et du courage de dormir dans une voiture. On a fini par devenir ultra rapides à la fin, mais cela n’est possible qu’avec de l’expérience, ce n’est pas donné à tout le monde de le faire. D’abord, il faut se mettre en condition : pyjama pour Claire - moi j’avais abandonné dès la première nuit la phase de changement de vêtements. Premièrement, il faut être honnête, il faisait trop froid pour que l’idée d’enlever mon pantalon ou mon tee-shirt afin d’enfiler mon pyjama m’effleure l’esprit ; ensuite parce que se changer demandait beaucoup trop d’efforts avant de dormir : il faut se tortiller dans tous les sens, se mettre à moitié debout, la tête limite à l’envers à cause du plafond trop bas, en plus vas-y qu’on peut mettre un coup de poing dans la figure de sa camarade en enfilant les manches du haut…Bref, il y a d’autres choses plus importantes à faire :
1) Déplacer les duvets et les mettre prêts à être enfilés sur notre siège- table de cuisine-lit ; 2) Entreposer la couette de mon côté afin de passer à l’étape 3 ; 3) Baisser le siège de Claire au maximum pour… 4) … savoir jusqu’où déplacer le sac de courses au milieu de la banquette ; 5) Baisser le siège de Chloé ; 6) S’installer dans les duvets ; 7) Installer la couette sur les duvets ; 8) Se trouver une position à peu près confortable pour dormir – nous conseillons pour les personnes de petite taille qui ont le siège côté volant la position recroquevillée sur le côté et pour les personnes plus grandes du côté passager la position sur le dos mais en ajoutant au sol un monticule d’affaires (généralement des affaires sales) afin de rehausser la hauteur des pieds, car il est meilleur pour la santé d’avoir les jambes légèrement surélevées par rapport au reste du corps, dans la mesure du possible bien entendu. Nous sommes tout à fait conscientes qu’une voiture peut ne pas être des plus confortables.
A ce moment là, on peut enfin apprécier le calme de la route et les lumières des réverbères du parking en toute sérénité…
Mercredi 5 Mars 2008
Comme d’habitude, on s’est levées aux aurores (8h…) et on a pris notre petit déjeuner dans un café. Cette fois-ci c’était ambiance années 50, tableaux-miroir avec Betty Boop, grandes jarres d’huile d’olive en déco, petits encadrements de vieilles affiches publicitaires, parfois françaises, tables en bois et chaises rétro.
La journée a commencé fort avec une superbe randonnée d’au moins deux heures pour atteindre the Old Man of Storr. Il s’agit d’une sorte d’énorme menhir en haut d’une montagne. La difficulté tenait surtout à rester debout : le soleil n’était pas au rendez-vous ce jour-là, il y avait un vent pas croyable, et des intermèdes de pluie. D’ailleurs, dès le début de la promenade, on est prévenus par un panneau Warning que l’on se balade « à nos risques et périls », ça donne envie d’y aller tiens ! Claire était plus que motivée, et elle a décidé de suivre sa propre route : au lieu de suivre les sentiers qui tournaient autour du pic pour l’atteindre en douceur (quoique ça grimpait dur quand même…), Mademoiselle a coupé court en allant tout droit ! Avec le vent, j’étais un peu inquiète qu’elle s’envole, (surtout que moi j’avais des difficultés à rester debout !) mais pas du tout, elle est arrivée avant moi au sommet, mais beaucoup plus transpirante m’a-t-elle avoué… Enfin, ça valait le coup, on surplombait la vallée avec ses petits lacs et ses petites collines de mousse verte, la vue sur la mer était magnifique malgré le temps nuageux. Et pour nous divertir, il y avait une multitude de lièvres qui gambadaient sur les flancs de la montagne.
Nous avons continué notre tour de l’île avec une escale au Kilt Rock, qui est une superbe cascade. Le seul problème est qu’on ne peut la voir qu’à partir d’une plateforme en haut de la falaise et que le site est donc entouré de barrières pour nous éviter de tomber…
Ensuite, nous voulions voir le Duntelm Castle, tout à fait au nord de l’île, mais on a failli le rater car il ne s’agissait en fait que de ruines.
Heureusement, Dunvegan Castle a été plus satisfaisant. D’autant plus qu’avec la saison hivernale, on pouvait accéder aux jardins gratuitement. Enfin, nous on s’est plus intéressées à la petite cascade du jardin qu’au château proprement dit…
On a fini notre périple sur Skye par Neist Point, un point de vue à l’ouest de l’île délimité par un grand phare jaune et blanc. A l’aller, on s’est bien moquées des commentaires du Guide du routard qui disaient que la balade pouvait être assez ardue en raison des nombreux escaliers. En fait, il n’y a avait pas tant d’escaliers que ça. Mais c’est au retour qu’on a moins rigolé ! La pluie se faisait sentir de plus en plus, sans parler du vent. Et mine de rien, c’est que le chemin grimpait bien comme il faut, qu’il y ait des escaliers ou non…
Pour des raisons d’économie de photos (je me suis rendue compte que j’avais fait 100 photos en deux jours sur ma mémoire de 150 photos…), je n’ai donc pas pris le phare. Prière de s’adresser à Claire pour plus de détails le concernant…
La nuit tombant et le mauvais temps grondant, nous avons pris la route vers Plockton, petit village très sympathique, avec le parking de l’office du tourisme en face du port, pour le plaisir des yeux au réveil. Cela dit, on serait bien allées en auberge de jeunesse, une douche aurait été des plus agréables… Hélas, les proprios de l’auberge où on voulait dormir n’étaient pas sur place quand on est arrivées, même si la maison était ouverte. J’aurai bien fait cuire nos pates et pris de l’eau chaude pour faire de la soupe instantanée et du thé, mais Claire m’a dit que c’était abuser. Bon. Tant pis. On a mangé notre sandwich au jambon.
Jeudi 6 Mars 2008
On s’est réveillées sous les nuages. Je pense que la beauté du site en a été un peu altérée, mais on a quand même pu apprécier la baie avec le petit port et les deux petites îles plantées au milieu de l’eau. La petite rue menant au port est très mignonne, les maisons ont des façades blanches et des petites terrasses avec des tables et chaises de jardin, et des plantes, ce qui donne un vrai air de vacances.
Cette journée était consacrée à la visite de petits villages des Highlands, la route étant magnifique. Enfin, encore une fois, le temps plutôt maussade ne nous a pas révélé toute la beauté des paysages.
On a donc repris la route vers Lochcarron, Shieldaig, Torridon, Gairloch, tous des villages très mignons, avec des petits ports et des plages de plus en plus belles en se dirigeant vers le Nord. En fait, cette route est vraiment agréable car on ne fait que longer des plages de sable blanc, des lochs, tout en étant toujours proche des montagnes dont les multiples cascades nous rappellent que les paysages ne sont pas figés mais bien en vie – même si c’est difficile de l’oublier quand on est au milieu d’une tempête de pluie ! On a déjeuné à Gairloch, au chaud dans la voiture, garée juste en face d’une superbe plage : mieux placées ce n’était pas possible.
On s’est arrêtées à Laide pour prendre de l’essence (et des cookies au gingembre…), et un gentil écossais nous a conseillé d’aller vers Mellon Uldrigle avant de reprendre notre route. Quelle bonne idée… Un petit chemin fait de lattes de bois, longeant un ruisseau tranquille, nous a mené sur une plage de sable fin et à l’eau étonnamment transparente. Il aurait fait un peu plus chaud et on s’y serait plongées…
Voyant le temps passer, nous avons dû modifier notre itinéraire. Nous avons coupé toute la route vers le Nord, et nous nous sommes dirigées directement vers Inverness. Nous avons quand même fait une petite balade pour voir la cascade de Corriehalloch Gorge, assez impressionnante à vrai dire. Un petit pont suspendu au-dessus de la gorge nous permet d’apprécier toute la grandeur de la chute d’eau, et surtout la hauteur : mieux vaut ne pas avoir le vertige ! D’autant plus que le pont était des plus flexibles, au moindre pas, il faisait des vagues…
Bon, sur la photo on ne voit pas trop que c’est haut et que ça bouillonne à fond, mais on va dire que vous me croyez…
La route menant à Strathpeffer était complètement différente de ce que l’on avait pu voir jusque là. On était dans les montagnes, mais pas suffisamment hautes pour être enneigées. Le paysage était dans les tons orange-brun, la route très sinueuse, des cascades tout le long de la route. Strathpeffer est un village intéressant à voir pour l’architecture qui y est complètement différente de ce que l’on a l’habitude de voir. Le style y est victorien, je vous laisse regarder les photos, c’est plus parlant. Ah non, pardon c’est seulement « la » photo, toujours suite à ma politique de rationnement des photos…
Et vers 18h, nous voilà devant le Student hostel qui va nous offrir un lit – et surtout une douche ! pour notre nuit à Inverness. Cette auberge de jeunesse nous a donné l’impression de revenir dans les années ados rock’n’roll, affiches et cartes postales sur tous les murs, musique en continu, sacs à dos et vêtements entassés dans l’entrée. Cela dit, c’était vraiment propre, et plutôt calme. Nous avons dormi dans un dortoir à dix lits superposés, que nous avons donc partagé avec trois Allemands, heureusement pas bruyants.
Le meilleur moment a été la douche, il faut le dire. Après quatre jours d’autarcie dans la voiture, c’était vraiment mérité. On oublie vite à quel point la douche est un des moments les plus agréables de la journée, qu’est ce que ça fait du bien de sentir bon ! Après ça, on a eu un repas royal. Et oui, aux oubliettes l’habituel sandwich au jambon, on a eu…des pates à la sauce tomate, avec même un reste de mozzarella ! Et pour finir, un thé bien chaud près de la cheminée rougeoyante pour se réchauffer avant de sortir dans le froid.
On dirait pas comme ça, mais on a eu des journées très remplies, et peu importe la fatigue, on en a profité au maximum. Direction donc le Hootananny, on avait prévu d’aller danser (1er étage), mais il s’est avéré qu’un couple jouait de la musique écossaise live (rez-de-chaussée), c’était vraiment sympa. L’homme jouait de la guitare et chantait, et la femme jouait du violon. Le mélange des deux instruments était vraiment entraînant, on a passé la soirée à les écouter devant un Bailey’s – et oui, encore, mais on quand on est au pays du whisky et qu’on n’aime pas le whisky il faut s’adapter…
On est rentrées vers 1h, nos Allemands nous attendaient, mais surtout nos lits : aaah qu’est-ce qu’on a bien dormi ! On a eu un peur au moment où ils ont éteint les lampes car ils se sont excusés d’avance pour les ronflements d’un de leur pote ! On était trop deg’, on pensait qu’on ne pourrait pas dormir de la nuit. Heureusement c’était un petit ronflement de rien du tout, et on était tellement fatiguées de toute façon qu’on a dormi comme des anges.
Vendredi 7 Mars
Le matin on a visité Inverness, mais ça a été plutôt court car il pleuvait des cordes. Du coup on en a profité pour faire les magasins. Bay nous a particulièrement attiré pour ses soldes. Claire s’est acheté un superbe dos nu à 7 livres et moi un petit haut pour 2 livres ! La meilleure affaire que j’ai jamais faite ! D’ailleurs, ça tombait pile poile bien, puisque nous avions prévu une soirée au resto à Edimbourg le soir même... On a essayé de faire une visite touristique néanmoins pour pas se sentir coupables d’être des touristes ingrates. Nous avions choisi de voir en action la magnifique horloge mécanique située…dans le centre commercial bien entendu ! Il s’agit d’une horloge animée, qui met en scène des animaux sur l’Arche de Noé. Bon sur l’heure pendant laquelle on est restées, on a à chaque fois loupé le mouvement. Enfin, on l’a vu quand même…
Inverness est juste au nord du Loch Ness, nous l’avons donc longé avant de rejoindre Edimbourg. Le loch Ness est un long lac, assez étroit et très sinueux. C’est pour mieux abriter le Nessie, mais personne ne veut me croire… Apparemment, tous les ans, il y a des expéditions avec des sondes et des radars pour repérer le monstre, et tous les ans les scientifiques se heurtent à un échec. Coup de chance, au moment où on s’est arrêtées pour visiter Urquhart Castle, le soleil a laissé ses rayons se glisser au travers des nuages et nous avons pu profiter d’un très bel arc en ciel juste sur le Loch Ness. Le temps de finir notre déjeuner, et le soleil s’est de nouveau caché…
La route de Fort Augustus à Edimbourg était sympa, mais sans grand intérêt quand même.
Et voilà, notre dernière soirée en Ecosse est vite arrivée. Un grand final à Edimbourg, capitale de l’Ecosse, surtout d’un point de vue culturel. Nous nous sommes garées dans la nouvelle ville, et illico presto, nous nous sommes mises à la recherche d’un endroit sympa et pas trop cher pour manger. Nous avons arpenté les rues piétonnes de la nouvelle ville, pleine de pubs et restaurants, mais rien vraiment qui était à notre goût. Nous avons continué nos recherches dans la vieille ville aux rues pavées bordées de bâtiments à l’architecture du XVIIIème siècle. Mais on ne trouvait pas notre bonheur. Je me suis donc dis que ce serait une bonne idée d’aller au Bad Ass (ne pas essayer de faire la traduction avant d’y entrer, sinon c’est raté pour le dîner…), car j’y étais allée avec mes parents chéris et j’avais trouvé l’atmosphère vraiment chaleureuse et les assiettes très bien garnies. Donc, on a refait tout le chemin en sens inverse pour retrouver ce pub. On peut dire qu’on les a bien perdu les kilos qu’on a pris en mangeant nos sandwichs ! ;-)
Nous voilà donc bien installées au chaud, du côté du mur recouvert de petits miroirs. L’ambiance était vraiment chaleureuse, des photos sur tous les murs, de personnages célèbres ou de parfaits inconnus, de héros de films, avec une lumière dans les tons rouges et dorés et des tables en bois bien cirées. Nous avons décidé de partager des Nachos – chips mexicaines avec différents morceaux de poulet, des pommes de terres frites, le tout accompagné de sauces épicées. Mmm… Enfin, je sais Claire que tu aurais préféré un Fish & Chips, la prochaine fois promis ! On a quand même fini sur une note écossaise avec le fameux Sticky toffee pudding, c’est qu’on ne s’en lasse pas…PS sur les photos on a l’impression que les assiettes sont énormes. En fait, il n’y a qu’une assiette pour deux…Faut pas déconner non plus !
Et ensuite direction Espionnage dans la vielle ville pour finir sur une note musicale. Il faut préciser que nous avions emmené nos nouveaux petits hauts dans nos sacs et que nous nous sommes changés dans les toilettes du pub… Très distingué, je sais. Sur les photos ça ne se voit pas car on n’osait pas trop se montrer… Pourtant on peut pas dire qu’on est entouré de frileuses – cf. chapitre sur les tenues des autochtones de sexe féminin à Glasgow… En arrivant à la boîte-pub – non sans mal il faut l’avouer – quoique mes souvenirs étaient plutôt bons, c’est juste qu’on s’est retrouvées devant la porte et elle était fermée avec aucune lumière extérieure. Alors, bien sûr, tout de suite, certaines personnes que je ne citerai pas ont mis en doute mes capacités orientatives (!) et m’ont fait porter le poids de la culpabilité de nous faire tourner en rond dans le froid… Cela dit, c’est aussi grâce à cela qu’on a pu enfin rencontrer, l’espace de 45 secondes, un pure dead handsome Ecossais ! Arrivées à la boîte (à 22h15), on s’est rendues compte qu’il était vraiment tôt car il n’y avait personne ou presque. En plus, apparemment, ils avaient eu un problème avec l’électricité qui avait sauté quelques minutes auparavant ce qui n’a pas du faire venir la clientèle tout de suite. Bref, on s’est installées au bar en sirotant un malibu. On n’est pas passées inaperçues puisque nous avons réussi à casser un verre, heureusement presque vide. Claire j’espère que t’es d’accord que c’était une performance due à un travail d’équipe soudée… Finalement, on était bien contentes qu’il n’y ait pas trop de monde ! Ca fait quand même une drôle d’impression de se retrouver dans une boîte quand elle est vide, on se demande pourquoi la musique est aussi forte et pourquoi les lumières bougent sans arrêt… En plus, on se demande perpétuellement si les gens vont arriver ou si on va rester toutes seules… Mais, bien sûr les gens sont arrivés, ça s’est d’ailleurs bondé vraiment rapidement et on a pu enlever nos pulls (c’est que ça donne chaud de danser) et faire pâlir de jalousie toutes les filles autour de nous avec nos nouveaux hauts… En tout cas, la musique était bien sympa et l’ambiance aussi.
Ensuite, ça a été direction la voiture, on a essayé de trouver un emplacement en dehors d’Edimbourg pour dormir tranquille, mais j’avoue qu’à 3h du matin je n’étais pas trop pointilleuse…
La matinée à Edimbourg s’est passée entre alternance de pluie et de soleil. On a pris notre petit-déjeuner dans un Star Bucks coffee, on s’y est d’ailleurs pas mal attardées. Il faut dire qu’on s’est levées pratiquement à la même heure que d’habitude, la nuit a donc été vraiment courte…
Très vite, il été temps de reprendre la route vers Prestwick car il ne fallait pas manquer l’avion… Au retour cers la voiture deux mauvaises blagues : la première c’est que je me suis pris un PV – enfin c’est seulement le troisième depuis que je suis ici…Et comme d’habitude, je ne vais pas le payer, c’est hors de question. Après avoir étudié la question avec mes collègues de travail, j’en suis venue à la conclusion qu’ils ne pourraient jamais retrouver ma trace vu que ma plaque n’est pas enregistrée en Ecosse. Cela dit ma grande peur c’était que le service des amendes communique avec un autre service de police. Non, je ne me suis pas fait arrêtée, mais je me suis fait cambriolé la voiture en Juillet (merci pour l’accueil : vitre brisée et accessoire du GPS volés…), du coup la police a toutes mes coordonnées. Cela dit, il s’est passé un laps de temps important depuis ma première amende, donc j’ai de moins en moins de craintes d’être retrouvée… La deuxième mauvaise surprise c’est que le billet d’avion de Claire était tout trempé, sûrement à cause de l’humidité, et le numéro de réservation était complètement illisible. Par contre, le nom était encore là, et je me suis rappelé qu’on ne m’avait rien demandé lors de mon voyage en France, donc on s’est dit que ça irait bien.
La route a très mal commencé car on s’est retrouvées dans les bouchons menant au stade de rugby – apparemment il y avait un match important Ecosse contre Pays de Galles… Mais on est arrivées à temps. Claire a filé comme l’éclair pour ne pas me faire payer le parking. J’ai envie de dire tant mieux, j’ai pas eu le temps d’être triste…
|
|
30/03/2008 20:50 The Skye adventure (1 commentaire) |




